Le nouveau patron de la NASA, Jared Isaacman, a annoncé que les astronautes des missions Crew-12 et Artemis II pourront emporter des iPhone et des smartphones récents dans l'espace. Jusqu'ici, le matériel photo le plus récent prévu pour le voyage autour de la Lune était un reflex Nikon de 2016. Oui, 2016.
Adieu le Nikon D5
C'est par un message publié sur X, mercredi soir, que l'administrateur de la NASA a lâché la nouvelle. Les astronautes de Crew-12, la prochaine mission vers la Station spatiale internationale, et ceux d'Artemis II, qui doivent survoler la Lune dans les prochaines semaines, seront autorisés à embarquer des **smartphones modernes**. Isaacman a précisé vouloir donner aux équipages "les outils pour capturer des moments importants pour leurs familles et partager des images et vidéos inspirantes avec le monde". Jusqu'à cette annonce, le meilleur appareil photo prévu à bord d'Artemis II était un **Nikon D5, un reflex sorti en 2016**, accompagné de GoPro qui fêtent leurs dix ans.
Mais pourquoi c'est si compliqué ?
Si la NASA en était encore là, c'est parce que faire certifier du matériel pour le vol spatial est un **parcours du combattant**. Chaque composant doit passer des tests de radiation sur les puces, des essais thermiques et de vide, des contrôles de dégazage, des tests de vibration, et la liste continue. Des procédures qui existent pour de bonnes raisons, mais qui mettent parfois des années à aboutir et coûtent des **millions de dollars**. Isaacman veut justement bousculer cette culture. Il a expliqué avoir "remis en question des processus établis de longue date et qualifié du matériel moderne pour le vol spatial dans des délais accélérés". L'idée étant de garder les exigences de sécurité qui ont du sens, tout en supprimant celles qui ne servent plus qu'à ralentir la machine.
L'iPhone a déjà volé
Des smartphones ont déjà fait le voyage en orbite. En 2011, deux iPhone 4 avaient embarqué à bord de la navette Atlantis lors de la toute dernière mission du programme, STS-135. Ils servaient d'outils expérimentaux avec une application appelée **SpaceLab**, développée par Odyssey Space Research, qui utilisait les capteurs du téléphone pour estimer la position du vaisseau. Pas franchement un usage personnel. Depuis, les astronautes de la Station spatiale se contentent de tablettes pour communiquer avec leurs familles et naviguer sur Internet. Ceux des missions privées, en revanche, ont eu plus de liberté. Les équipages d'**Axiom** et du vol Polaris de... Jared Isaacman lui-même ont embarqué leurs téléphones. Un astronaute d'Axiom aurait même enfreint la consigne en sortant son smartphone du vaisseau Dragon pour l'emmener dans la Station en 2024.
On en dit quoi ?
Quand on apprend que la caméra la plus récente prévue pour un voyage autour de la Lune date de 2016, on mesure à quel point la bureaucratie technique de la NASA peut freiner les choses. Que Jared Isaacman, lui-même ancien astronaute privé, décide de secouer un peu les habitudes, c'est plutôt bienvenu. La qualification de matériel pour l'espace n'est pas un caprice, les radiations et le vide ne pardonnent pas, mais il y a quand même une marge entre la **prudence** et l'**immobilisme**. Et puis, si les astronautes d'Artemis II ramènent de vraies vidéos de la Lune filmées à l'iPhone, on parie que ça va faire un gros coup de pub pour Apple. Gratuitement, en plus.